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Insuffisance cardiaque

Publié le : 11/12/2017 16:28:22
Catégories : Cardiologie

> Qu'est-ce que l'insuffisance cardiaque?

> Comment confirmer une insuffisance cardiaque?

> Comment évolue une insuffisance cardiaque?

> Conseils en cas d'insuffisance cardiaque

> Bilan biologique de l'insuffisance cardiaque

> traitement de l'insuffisance cardiaque

> Homéopathie

> Quand faut-il consulter un médecin?

> Liens utiles

Qu'est-ce que l'insuffisance cardiaque?

L'insuffisance cardiaque est l'aboutissement de la plupart des maladies cardiaques. Elle se définit comme une incapacité du cœur à assurer un débit sanguin suffisant aux différents tissus de l'organisme. Elle est l'aboutissement d'un dysfonctionnement du ventricule gauche qui n'éjecte plus suffisamment le sang lors de la systole. Cette maladie augmente rapidement avec l'âge. L'incidence double chaque décennie après 45 ans. L'insuffisance cardiaque (IC) est une maladie grave: plus de 40% des patients décèdent dans l'année qui suivant la première hospitalisation pour IC

Signes cliniques

Les symptômes de l'IC sont longs à apparaitre. L'insuffisance cardiaque est asymptomatique pendant sa période initiale. Les principaux signes se manifestent par :

  • des dyspnées plus ou moins graves, parfois très anxiogènes, tandis que les forces se réduisent inéluctablement pour aboutir à une perte d'autonomie, avec une grande fatigue.
  • des signes de surcharge. Selon l'origine de l'insuffisance cardiaque (cœur droit ou gauche), l'élévation des pressions de remplissage est responsable de l'apparition des œdèmes aigus du poumon ou d'œdèmes des membres inférieurs.
  • des signes de bas débit: oligo-anurie, extrémité des membres froides ou chaudes, encéphalopathie)

Complications

l'IC peut se compliquer d'un œdème aigu du poumon. la mort subite est fréquente: un décès sur trois dans les formes évoluées, un décès sur deux dans les formes moyennes. Les signes d'alerte d'une décompensation cardiaque sont:

  • fatigue inhabituelle
  • essoufflement inhabituel
  • des chevilles gonflées
  • une toux
  • une prise de poids importante en très peu de temps (2kg en 2 jours par exemple)

Facteurs de risque

Le principal facteur de risque est l'âge, mais d'autres facteurs interviennent comme une coronaropathie, une hypertension artérielle, une valvulopathie cardiaque, eux même augmentés en cas de tabagisme, d'obésité ou de diabète

Médicaments provoquant ou aggravant une insuffisance cardiaque

  • Les antiarythmiques ou les bêtabloquants, en diminuant la contractibilité du muscle cardiaque causent ou aggravent une insuffisance rénale
  • Les interférons et les cytotoxiques altèrent directement la fibre cardiaque
  • Les inhibiteurs calciques, les AINS et les corticoïdes augmentent l'effort cardiaque par une rétention d'eau et de sodium
  • Les bêta-2 stimulants en accélérant le cœur, ou les amphétaminiques en augmentant la pression artérielle,  fatiguent le cœur.

Stade de la maladie

Il existe deux types d'insuffisance cardiaque, déterminées selon la valeur de la fraction d'éjection (FE), en rapport avec la contraction du ventricule gauche pour éjecter la quantité de sang qu'il contient à chaque pulsation. On distingue ainsi les Insuffisances cardiaques à FE altérée ou réduite <50% = IC systoliques et les insuffisances cardiaques à FE préservées (FE>50%) = IC diastoliques. La classification de la "New York heart association" permet de définir plusieurs stades de l'insuffisance cardiaque. La détermination de ces stades de la maladie permet de guider le traitement médicamenteux

  • Stade I: aucune gêne fonctionnelle
  • Stade II: Gêne fonctionnelle apparaissant pour des efforts importants
  • Stade III: Gêne survenant pour des efforts modérés
  • Stade IV: Gêne déclenchée par n'importe quel effort ou dyspnée de repos.

Comment confirmer une insuffisance cardiaque?

Bilan cardiologique

Le cardiologue confirme le diagnostic après avoir pratiqué une échographie cardiaque et un électrocardiogramme

Indicateurs biologiques

Le dosage d'un peptide natriurétique (BNP ou NT-proBNP selon les laboratoires) est indiqué devant des symptômes évocateurs d'insuffisance cardiaque, en cas de doute diagnostique. Il rend très improbable le diagnostic d'IC en cas de concentrations de BNP < 100 ng/L ou de NT-. proBNP < 300 ng/L.

Comment évolue une insuffisance cardiaque?

Une insuffisance cardiaque chronique s'aggrave toujours, avec un risque de décès chez un patient sur 2 après 5 ans suivant le diagnostic.

Conseils en cas d'insuffisance cardiaque

Une bonne hygiène de vie, du repos et un régime hyposodé préviennent une aggravation.

Médicaments et suivi, Vaccinations

Bien suivre les prescriptions de son médecin

Ne pas interrompre un traitement médicamenteux sans avis du médecin Ne jamais s'automédiquer mais toujours prendre un avis médical ou pharmaceutique. Attention notamment aux laxatifs susceptibles d'induire une hypokaliémie (séné, bourdaine, bisacodyl...): ils peuvent interférer avec le traitement et/ou le trouble du rythme. Attention aussi aux AINS qui exposent à un risque de décompensation de l'insuffisance cardiaque. Préférer du paracétamol (Dolipraneoro®). Ayez toujours sur vous une ordonnance avec vos traitements en cours. Pour éviter les risques d'erreur, utiliser un tensiomètre avec détection d'une arythmie cardiaque (technique IHD) Faites vos analyses biologiques régulièrement pour évaluer la fonction rénale, ainsi que les teneurs en sodium et en potassium de l'organisme. En cas d'anomalie, contacter le médecin qui adaptera vos traitements en conséquence. En l'absence de contre indication, faites vous vacciner contre la grippe et contre les infections à pneumocoques car la surinfection pulmonaire peut être à l'origine d'une décompensation cardiaque.

Attention aux médicaments des troubles de l'érection!

Les médicaments d'aide à l'érection sont contre indiqués chez l' homme s'il lui est impossible de supporter une activité sexuelle (effort équivalent à monter 1 à 2 étages). Prudence donc en cas d'insuffisance cardiaque, et/ou de coronaropathies très sévères...)

Evitez les médicaments effervescents

Les médicaments effervescents sont très riches en sel: parfois plus de 400mg par comprimé, ce qui peut représenter 2,4g de sel par jour pour des prises réitérées

Alimentation

  • Réduire le sel. L'apport sodé total peut se situer aux environs de 3g/jour dans les formes modérées.
  • Ne pas remplacer le sel de table par des sels de régime à base de potassium, qui risquent de modifier la kaliémie sans en parler avec votre médecin!
  • Bien s'hydrater: boire 1 à 1,5l d'eau par jour. Méfiez-vous des eaux pétillantes (riches en sel). Attention à la déshydratation surtout en période de forte chaleur. Ne prenez pas de compléments alimentaires à base de plantes diurétiques comme la prêle par exemple.

Hygiène de vie

  • L'arrêt du tabac doit être impératif!
  • Eviter l'excès de stimulants: caféine (café, thé, Coca-Cola, chocolat), alcool
  • Lutter activement contre la sédentarité : il faut marcher tous les jours ou pratiquer de la bicyclette, de la natation. Demandez conseil à votre médecin pour la reprise d'une activité physique. En cas d'essoufflement, stopper l'activité.
  • Se reposer et se détendre pour chasser la fatigue et le stress qui facilitent la survenue des troubles du rythme

Poids

  • Pesez vous tous les jours, consulter rapidement votre médecin en cas de prise de poids rapide (sur 2 ou 3 jours). Pesez-vous régulièrement. Attention une prise rapide de poids peut être un signe de décompensation, prévenez alors rapidement votre médecin!
  • Normalisez votre poids

Reconnaitre les signes d'aggravation

les signes d’aggravation traduisant une rétention hydrosodée justifient une consultation rapide : fatigue anormale à l’effort, essoufflement croissant, gonflement des pieds et des chevilles, prise de poids rapide

Attention au risque de déshydratation

En cas de fortes chaleurs, mais aussi en cas de diarrhée ou de vomissements, le risque d'insuffisance rénale est d'autant plus important si le patient est sous IEC, sous sartans ou sous diurétique! Dans ce cas, il est recommandé de consulter son médecin afin qu'il adapte temporairement la posologie du traitement pour insuffisance cardiaque.

Bilan biologique de l'insuffisance cardiaque?

Les examens biologiques nécessaires à la surveillance du traitement (Kaliémie, natrémie, créatininémie, etc...) doivent être réalisés tous les 3 à 6 mois et cette surveillance doit être accrue en raison du risque important de déshydratation/déplétion.

Ionogramme

Le ionogramme permet le dosage la kaliémie est de la natrémie

Créatininémie

La créatininémie permet de mesurer le fonctionnement des reins

Traitement de l'insuffisance cardiaque?

Les points clés du traitement

  • Le traitement de premier choix de l'insuffisance cardiaque chronique repose sur l'utilisation de l'énalapril, un inhibiteur de l'enzyme de conversion (IEC). En cas de gênes importantes liées à l'usage de ce médicament (toux principalement), le candesartan ou le valsartan peuvent être prescrits en remplacement de l'énalapril.
  • En cas de signes de rétention d'eau, le furosémide est le diurétique de première intention.
  • Il est possible d'avoirs recours en plus à d'autres molécules comme le carvédiol, la spironolactone ou encore la digoxine dans des cas bien précis.

Enalapril

L'énalapril est l'IEC devenu la thérapeutique majeure dans le traitement de l'insuffisance cardiaque. Mécanisme d'action: Il bloque l'enzyme de conversion de l'angiotensine, diminuent la synthèse de l'angiotensine II et, plus modestement, celle de l'aldostérone. Les IEC sont des vasodilatateurs qui ont une action hémodynamique favorable avec diminution de la pré-charge et de la post-charge et amélioration de la fonction pompe. Les IEC améliorent les symptômes, la tolérance à l'exercice et réduisent la mortalité globale et cardiovasculaire ainsi que le nombre d'hospitalisations pour insuffisance cardiaque. Les modalités de prescription : L'énalapril est indiqué dans tous les stades d'insuffisance cardiaque liée à un dysfonctionnement systolique du ventricule gauche. La mise en route du traitement doit se faire à faibles doses et l'augmentation des doses doit être progressive jusqu'à la dose maximale tolérée, avec surveillance de la pression artérielle et de la fonction rénale. Les effets indésirables les plus fréquents sont: la toux (le plus souvent en début de traitement), l'hypotension artérielle et l'insuffisance rénale. Les IEC doivent être pris de préférence au coucher pour prévenir le risque d’hypotension

Furosémide

Le furosémide appartient à la classe thérapeutique des diurétiques de l'anse. Ils favorisent l'excrétion du sodium au niveau de la branche ascendante de l'anse de Henlé. Ils peuvent entraîner des déséquilibres hydro-électrolytiques et une surveillance biologique régulière doit être réalisée (ionogramme sanguin, créatininémie). Les doses moyennes utilisées sont de 40 à 80 mg mais on peut devoir recourir à de plus fortes doses (160, 250, voire 500 mg sur prescription hospitalière). En l'absence de signes congestifs, l'intérêt du diurétique de l'anse est contesté.

Carvédiol

Il est possible d'ajouter au traitement du carvédiol si l'insuffisance cardiaque est stabilisée car ce bêtabloquant réduit le risque d'aggravation et de mortalité. Il faut commencer ce médicament à la dose la plus faible possible, puis augmenter la posologie s'il est bien toléré (absence de dyspnée, de bradycardie et d'hypotension artérielle). Prudence toutefois car le carvédiol augmente la digoxinémie. Comme tous les bêtabloquants, ne pas l'arrêter brutalement pour éviter les crises d'angor et de mort subite.

Spironolactone

La spironolactone est introduite si l'insuffisance cardiaque chronique n'est pas stabilisée malgré un traitement bien conduit; à la condition de ne pas être en insuffisance rénale sévère ni en hyperkaliémie.

Effets indésirables

le principal risque est une hyperkaliémie parfois mortelle, mais aussi, hyponatrémies, deshydratations, hypotensions artérielles, gynécomastie, troubles sexuels et menstruels.

Interactions médicamenteuses

Avec les inhibiteurs de l'enzyme de conversion et avec les sartans (addition des effets indésirables hydroélectrolytiques et rénaux).

Digoxine

La digoxine est un glycoside cardiotonique extrait de la feuille de digitale laineuse. Il fait partie de la classe des digitaliques. Cette molécule est utilisée depuis plus de 200 ans, mais elle ne doit être prescrite qu'en dernier recours en raison de sa marge thérapeutique étroite et de son  risque e toxicité. La digoxine:

  • renforce la contraction cardiaque
  • ralentit et
  • régularise les mouvements du cœur

Mécanisme d'action

Elle agit sur le cœur par plusieurs actions:

  • Inotrope positive : elle augmente la force de contraction du muscle cardiaque
  • Chronotrope négative : elle diminue la fréquence cardiaque
  • Dromotrope négative: diminue la conductibilité cardiaque
  • Bathmotrope négatif: diminue l'excitabilité. (l'effet bathmotrope est négatif aux doses thérapeutiques, positif aux doses toxiques)
  • augmente le débit rénal : action diurétique et diminution des œdèmes

Effets secondaires

Effets secondaires si surdosage= signes d'alerte nausée, vomissement anorexie trouble visuel: vision floue, vision colorée confusion et délire arythmie (extrasystoles ventriculaires, tachycardie auriculaire avec bloc auriculo-ventriculaire)

Toxicité:

C'est un médicament à marge thérapeutique étroite c'est-à-dire que la dose thérapeutique est proche de la dose toxique. La détermination des concentrations plasmatiques de la digoxine (classiquement entre 1 et 2 ng/ml, moins chez les personnes âgées) est parfois prescrite afin de vérifier l'absence de toxicité du traitement. C'est un poison mortel provoquant la mort par arrêt cardiaque. En cas d'intoxication aux digitaliques, le traitement consiste à administrer des anticorps anti-digoxine (milieu hospitalier). Les facteurs favorisant la toxicité des digitaliques sont: l'ischémie myocardique, l'hypokaliémie, l'hypercalcémie.

Interactions médicamenteuses:

  • Médicaments néphrotoxiques provoquant l'accumulation de digoxine par diminution de son élimination rénale: AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens), IEC (inhibiteurs de l'enzyme de conversion), sartans, ciclosporine
  • Médicaments exposants à une surdose de digoxine par diminution du métabolisme de la digoxine (inhibition de la glycoprotéine P): macrolides, amiodarone Médicaments hypercalcémiants, hypokaliémiants, bradycardisants qui allongent l'intervalle QT ou qui ralentissent la conduction intracardiaque, potentialisant les effets indésirables cardiaques de la digoxine sans augmentation de la digoxinémie. des diminutions de la digoxinémie sont observées avec le sucralfate ou l'acarbose, des cytotoxiques, les inducteurs enzymatiques par diminution de l'absorption de la digoxine ou par accélération de son élimination.

Homéopathie

Mise en garde

L'homéopathie vient en plus d'un traitement par les médicaments conventionnels, il ne s'agit d'une aide supplémentaire, mais elle ne peut en aucun cas se substituer au traitement conventionnel. De plus, dans ce domaine, le choix de la dilution est très important. Une dilution mal choisie, et c'est l'effet inverse qui peut se produire. La consultation d'un médecin homéopathe est plus que nécessaire!

Dans tous les cas

Myocarde D8 et Artère D8 Prendre une ampoule en perlingual 1 soir sur 2, en alternance

Médicaments homéopathiques cardiotoniques

  • Crataegus oxycantha surtout en cas d'irrégularité du rythme et en cas de tachycardie à l'effort, hypotension, œdème et baisse de l'élimination urinaire. Troubles du rythme en cas d'émotion, insomnie chez les cardiaques. Sucer 3 granules 3 fois par jour en 4 CH
  • Strophantus: pouls variable en force et en rythme. Souvent indiqué chez le sujet âgé et hypertendu.
  • Digitalis purpurea: Attention, à manipuler avec précaution car le niveau d'inversion d'action est variable selon les personnes. En 4 ou 5 CH en cas de tachycardie, en 7CH si le rythme cardiaque est lent. Œdème
  • Cardine : surtout indiqué pour protéger la fonction cardiaque pendant les traitements de chimiothérapie. Prendre une ampoule buvable en sublingual, en 4 CH, 1 à 3 fois par jour

Autres cardiotoniques: Kalmia latifolia, Iberis amara, Spigelia anthelmia, Lobelia inflata, Gindelia, Apocynum cannabinum, Laurocesarus...

Traitement de fond homéopathique

Certaines souches homéopathiques sont caractéristiques de certaines insuffisances cardiaques

  • Insuffisance cardiaque surtout droite: œdèmes, tendance hémorragique: Phosphorus
  • Kalium carbonicum: insuffisance cardiaque, extrasystoles, surcharge du cœur droit, œdèmes, impression que le cœur est suspendu à un fil.

Quand faut-il consulter un médecin?

Pesez vous tous les jours, consulter rapidement votre médecin en cas de prise de poids rapide (sur 2 ou 3 jours)

En cas de signes de surdosage de traitement par digitaliques:

  • nausée, vomissement
  • anorexie
  • trouble visuel: vision floue, vision colorée
  • confusion et délire
  • arythmie (extrasystoles ventriculaires, tachycardie auriculaire avec bloc auriculo-ventriculaire)

Reconnaitre les signes d'aggravation

les signes d’aggravation traduisant une rétention hydrosodée justifient une consultation rapide : fatigue anormale à l’effort, essoufflement croissant, gonflement des pieds et des chevilles, prise de poids rapide

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