>QU'EST-CE QUE L'HERPES GENITAL?

> LES DIFFERENTS VIRUS HSV

> PHYSIOPATHOLOGIE DE L'HERPES

> MANIFESTATIONS CLINIQUES DE L'HERPES GENITAL

> COMMENT EVITER L'HERPES GENITAL?

> QUE FAIRE EN CAS D'HERPES GENITAL?

> COMMENT TRAITER L'HERPES?

> HERPES ET HOMEOPATHIE

> QUAND FAUT-IL CONSULTER UN MEDECIN?

> LIENS UTILES

QU'EST-CE QUE L'HERPES?

Première des IST (2 millions de personnes atteintes en France), cette IST est provoquée par l'herpès simplex virus (HSV). Une fois introduit dans l'organisme, ce virus y reste toute la vie, en causant des poussées plus ou moins espacées.

L'herpès génital est devenu la première cause de lésions génitales. C'est une authentique IST et la plus grande vigilance s'impose chez les immunodéprimés (VIH, greffe, chimiothérapie anticancéreuse...) chez qui un traitement par antiviraux doit être institué sans délai car le virus reste à vie dans l'organisme!

Plus de la moitié des personnes porteuses d'une atteinte génitale, ignorent leur infection et risquent de transmettre le virus à leur insu

Quelles sont les personnes le plus à risque?

Aucune frange de la population n'est à l'abri des IST. Cependant, les jeunes sont en première ligne, parfois à cause de comportements à risque (utilisation intermittente de préservatifs, changement de partenaires etc...).

De plus, les jeunes ont un risque de complications 6 à 7 fois supérieur à 18 ans (le col de l'utérus est plus fragile chez les jeunes filles, de manière les jeunes se font dépister moins rapidement).

Herpès : grossesse et allaitement = Risque de transmission néonatale

L'herpès génital ne compromet pas le projet de grossesse. Cependant la future maman doit toujours signaler au gynécologue sa maladie afin de mettre en place une surveillance spécifique. L'objectif est d'éviter les poussées, surtout au moment de l'accouchement en raison du risque d'herpès néonatal.

Une femme enceinte doit toujours signaler toute brulure ou picotements au niveau du vagin et de la vulve.

Si la future maman souffre de nombreuses récurrences durant la grossesse, un traitement préventif peut être instauré durant le dernier mois: Aciclovir 200mg 5/jour jusqu'à l'accouchement. S'il existe un risque de contamination au moment de l'accouchement, une césarienne s'impose. L'allaitement n'est pas contre-indiqué car le virus ne passe pas dans le lait maternel

Liens entre HSV et HIV

Ces 2 infections partagent le même mode de contamination sexuelle. La baisse des défenses liée à la progression du VIH favorise l'explosion des lésions herpétiques.

Elles prennent un aspect floride (de couleur rouge vif), extensif, nécrotique, sans tendance à la guérison spontanée, ou parfois torpide( qui évolue peu ni vers l'aggravation, ni vers la guérison), végétant, situé sur des zones inhabituelles. Cet aspect signe en général, une nette aggravation du Sida.

LES DIFFERENTS VIRUS HSV

Il n'existe pas un, mais des herpès!

2 types de virus à ADN sont à l'origine de la maladie herpétique:

  • le virus HSV-1 90% des adultes ont des anticorps contre HSV-1
  • le virus HSV-2 20% des adultes ont des anticorps contre HSV-2 . 10 à 15% de la population est porteuse saine du HSV2 (personnes contagieuses mais qui ne développeront jamais la maladie).

Le HSV-2 est majoritairement responsable de l'Herpès génital, mais on retrouve aussi du HSV-1 dans 15 à 40% des lésions herpétiques génitales.

Malgré un certain degré d'immunité croisé, il n'existe pas de protection réciproque entre ces 2 virus.

PHYSIOPATHOLOGIE DE L'HERPES

L'herpès virus est un virus à ADN, de la famille des herpesviridae.

Il pénètre dans l'organisme par une brèche cutanée ou muqueuse, puis s'intègre au génome cellulaire, et se réplique. Ensuite, il migre le long des trajets nerveux correspondant au territoire de l'inoculation (nerf sacré). Puis il reste latent dans les ganglions nerveux.

A l'occasion d'un signal (immunodépression, fièvre, stress, fatigue, cycles menstruels, soleil...) il y a réactivation du virus, migration par voie axonale jusqu'à la peau, et manifestations cliniques d'une récurrence, ou pas (excrétion virale asymptomatique).

Quels sont les facteurs déclenchant un herpès?

Ces facteurs sont variables d'une personne à l'autre et déclenchent des épisodes de récurrence.

  • Fièvre, grippe, rhume
  • Stress , état dépressif ou vive émotion, fatigue (le plus souvent incriminé), décalage horaire
  • Traumatismes locaux (frottements, relations sexuelles, ...)
  • Soleil, Chaud, froid
  • Règles
  • Prise d'alcool

MANIFESTATIONS CLINIQUES DE L'HERPES GENITAL

Primo infection

La primo infection est silencieuse, le virus gagne un ganglion nerveux situé dans le bas du dos où il va sommeiller. la première poussée survient 4 à 8 jours après le contact. La primo-infection est cliniquement visible dans 40% des cas. Elle dure 10 à 20 jours en dehors de tout traitement. Le virus reprend toujours le même trajet nerveux et réapparait le plus souvent à l'endroit de la poussée précédente.

Le risque de contamination des partenaires est quasi permanent pendant les poussées. En dehors, le risque de contagion est proportionnel au nombre de récidives.

Les symptômes :

  • sont inexistants dans certains cas
  • se manifestent par des démangeaisons, des brulures, des picotements, des vésicules regroupées "en bouquet", remplies d'un liquide clair, puis elles se transforment en des petites plaies ("aphtes" ou ulcérations) au niveau du site de l'infection, avec œdème vulvaire et leucorrhées. La douleur est si intense que l'examen gynécologique au spéculum est proscrit.
  • Des douleurs surviennent parfois au passage de l'urine. Parfois les symptômes sont proches des mycoses ou des infections urinaires.
  • Des signes généraux comme de la fièvre et/ou des douleurs musculaires ne sont pas rares.

Récurrence

Après la primo-infection, le virus gagne les ganglions sensitifs où il reste à l'état latent. il peut se réactiver sous divers stimuli: ce sont les récurrences herpétiques.

L'hospitalisation est la plupart du temps nécessaire afin de réaliser un sondage urinaire, et une prise en charge de la douleur optimale. La cicatrisation n'intervient qu'au bout de 2 à 3 semaines.

Lors de récurrences, les lésions réapparaissent sur les organes génitaux, la région anale ou les fesses.

Herpès néonatal

L'herpès néonatal concerne 3 à 10 naissances sur 100 000 chaque année, soit 20 cas par an dans les pays occidentaux. Le virus se transmet au moment de la naissance (par contact du virus lors du passage de la filière génitale) ou au cours du mois suivant l'accouchement.

Deux formes cliniques sont effroyables:

  • La méningo-encéphalite, avec décès ou séquelles neurologiques chez pratiquement tous les bébés en l'absence de traitement spécifique (début tardif, diagnostic tardif surtout en l'absence de signes cutanéomuqueux)
  • La forme disséminée qui a le même pronostic sans traitement.

Le traitement antiviral (Aciclovir injectable, Foscarnet : Foscavir® uniquement disponibles à l'hôpital ) se fait par voie intraveineuse dès la suspicion du diagnostic, sans attendre les résultats du laboratoire car les heures gagnées sont précieuses pour diminuer les risques de mortalité et de séquelles neurologiques.

COMMENT EVITER L'HERPES?

Il n'existe actuellement aucun traitement pouvant éradiquer complètement l'infection herpétique. La prévention de la transmission est donc primordiale.

  • La meilleure prévention est le port de préservatifs et le recours à la vaccination lorsqu'elle est disponible.
  • Attention, on peut être porteur d'une IST sans avoir le moindre symptôme.
  • Aucun type de rapport sexuel ne protège des MST (on peut attraper ou donner ces infections par des rapports bucco-génitaux et aussi par la masturbation)

QUE FAIRE EN CAS D'HERPES?

  • Pendant les poussées, il est recommandé d'utiliser un préservatif ou de s'abstenir de rapports jusqu'à cicatrisation complète.
  • Garder les parties atteintes parfaitement propres, se laver soigneusement les mains et éviter de se toucher les yeux (risque de contamination oculaire).
  • En dehors des lésions, le port de préservatif est recommandé chez les sujets très récidivants.
  • Porter des vêtements larges et des sous-vêtements en coton
  • Utiliser pour la toilette intime, un gel lavant sans savon très doux pouvant s'utiliser quotidiennement: Saforelle aux extraits de bardane, Saugella antiseptique à base de thym, Dermalibour Gel Moussant... Toujours bien rincer le produit, et sécher soigneusement sans frotter.
  • Appliquer une lotion asséchante à l'aide d'une compresse ou directement, grâce à l'embout applicateur (Cicabio lotion, ...)
  • Même si le virus est fragile et résiste peu de temps dans le milieu extérieur (quelques heures): ne pas partager son linge de toilette.
  • Pour limiter les douleurs, vous pouvez appliquer un gel formant un film couvrant à base d'acides gras naturels végétaux: Activprotect®, CLAREVA® Gel...
  • Appliquer un sac en plastique rempli de glaçons ou un pack réfrigérant (Colhot mini, ...) sur la région génitale; en cas de miction difficile et douloureuse, uriner dans l'eau (douche ou bain). Des bains tièdes ou l'application de compresses froides sur les zones douloureuses contribuent à soulager la douleur.
  • Ne rien appliquer d'autre sur les lésions sans avis médical
  • Ne pas gratter les lésions ni les croûtes (ralentit la cicatrisation et possibilité de contaminer une autre partie du corps).

COMMENT TRAITER L'HERPES?

En cas de découverte d'herpès, il est impératif de traiter systématiquement tous les partenaires.

Il n'existe actuellement aucun traitement pouvant éradiquer complètement l'infection herpétique. La prévention de la transmission est donc primordiale. Actuellement, en diminuant la charge virale,le traitement a pour objectif de limiter l'intensité des symptômes et de réduire le délai de guérison.

La précocité de la mise en place du traitement antiviral est un critère primordial d'efficacité (le virus n'a pas le temps de gagner les ganglions nerveux et d'y rester à l'état latent).

Les rapports protégés ou l'abstinence sexuelle sont préconisés pendant le traitement afin de diminuer les risques de contamination, même en cas de rapports oro-génitaux ou oro-anaux.

Attention à l'automédication!

Ne pas appliquer de corticoïdes sur des lésions herpétiques: leur action inhibitrice sur le système immunitaire risque d'exacerber l'épisode infectieux.

Antiherpétiques

Aciclovir (Zovirax®), Valaciclovir (Zelitrex®), Famciclovir (Oravir®) Traitement oral

En s'incorporant à la chaine de l'ADN, les analogues nucléosidiques bloquent la réplication du virus. Pour se faire, ils doivent subir une triphosphorylation préalable dont la première ne peut être assurée que par une enzyme virale spécifique (la thymidine kinase virale). L'activation de ces molécules n'a donc lieu que dans les cellules infectées; ce qui induit une grande sélectivité de la molécule et une toxicité cellulaire réduite.

Aciclovir (Zovirax®)

Valaciclovir (Zelitrex®)

Le valaciclovir est une pro drogue de l'aciclovir ne nécessitant que 2 prises par jour (au lieu de 5 prises pour l'aciclovir en raison de sa plus faible biodisponibilité).

Antiviraux à usage systémique appartenant à la classe des analogues nucléosidiques qui agissent comme inhibiteurs compétitifs sélectifs de la thymidine kinase virale, indispensable à la réplication du virus.

Indications:

traitement du premier épisode d'infections génitales à virus Herpes simplex et de ses récurrences ultérieures éventuelles ainsi que dans le prévention des infections labiales récurrentes (au moins 6 récurrences/an), ou oculaire (plus de 2 ou 3 récurrences par an), durée du traitement 6 à 9 mois.

Posologie

La posologie de Zélitrex® est de 500mg 2/jour pendant 5 jour en cas de traitement de récurrence d'herpès labial, de 1cp par jour pendant 6 mois en cas de prévention des infections génitales, ou de 1cp à 500mg 2/jour pendant 10jours lors du premier épisode d'herpès génital (5jours pour les récurrences). Respecter un intervalle de 12 heures entre chaque prise.

Effets indésirables :

céphalées, nausées vomissements, convulsions, hallucinations... Les effets indésirables se rencontrent surtout chez la personne âgée ou chez l'insuffisant rénal.

Précautions d'emploi:

ces molécules passent dans le lait maternel et au niveau du placenta. ils ne doivent être utilisés en cas de grossesse que si nécessaire. L'allaitement doit être interrompu en cas d'affection grave nécessitant un traitement de la mère par voie générale.

Une consultation de contrôle est nécessaire 10 jours après le début du traitement pour évaluer l'efficacité du traitement. Le traitement local en plus du traitement oral est inutile en gynécologie.

Foscavir (Foscarnet®)

Traitement réservé à usage hospitalier.

Certains HSV sont dépourvus de thymidine kinase, ce qui les rend résistants aux analogues nucléosidiques. Le Foscavir bloque directement d'ADN polymérase en s'y fixant et empêche la réplication du virus. Il est utilisé en perfusion IV dans les cas de résistance et d'insensibilité aux analogues nucléosidiques chez les patients immunodéprimés traités au long cours par ces molécules.

Effets indésirables: néphrotoxicité et troubles éléctrolytiques imposant une bonne hydratation pendant le traitement.

Traitements complémentaires

Traitement analgésique

  • Paracétamol
  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens : Kétoprofène (Profenid®). Les AINS augmentent le risque ulcérogène et hémorragique digestif. Respecter la prise au milieu des repas
  • Antalgiques de niveau 2: Tramadol si le paracétamol et/ou les AINS ne suffisent pas.

Traitement du prurit

Les antihistaminiques H1 (Clarityne®) ne sont pas spécifiquement indiqués dans les infections herpétiques. Ils sont fréquemment prescrits pour soulager les patients en cas de prurit important.

Les corticoïdes sont formellement contre indiqués par voie locale ou orale car ils aggravent la poussée herpétique

Pour éviter les récidives

  • Traitement antiviral (prescrit si au moins 6 récurrences/an).
  • Faire des cures de vitamine C

 

HERPES GENITAL ET HOMEOPATHIE

Traitement symptomatique

  • Croton 5CH si herpès chez la femme, en amas avec une sensation de brulure
  • Borax
  • Nitricum acidum: Lésions herpétiques qui s'ulcèrent

Traitement diathésique

La localisation génitale et le caractère récidivant voire désespérant orientent vers une diathèse sycotique dont les principaux traitements de fond sont: Thuya et Médorrhinum

Très souvent Sepia est aussi indiqué surtout dans un contexte génital et/ou digestif associé

Le déclenchement à la suite d'un stress indique des médicaments comme Staphysagria(contrariété) et Ignatia

Drainage

Aletris farinosa: leucorrhée de glaires épaisses et abondantes, avec pesanteur de l'hypogastre sur sentiment dépressif. Il constitue un très bon draineur de la région pelvienne

Quand faut-il consulter un médecin?

  • En cas de conduite à risque, l'indiquer au médecin pour faire un bilan complet.
  • Devant tout symptôme génital ou toute anomalie des organes génitaux, même minime (boutons, démangeaisons, rougeurs, gêne, démangeaisons, brulures...), ne cherchez pas à vous soigner vous-même et consulter vite un médecin, puis, prévenez votre (vos) partenaire(s).
  • En cas de désir de grossesse (si herpès génital): risque d'herpès néonatal.
  • En cas de primo infection par l'herpès génital, un examen clinique est généralement effectué à la fin du traitement par le Zélitrex® (dans les 10j) afin de contrôler la guérison des lésions
  • Faire un contrôle HIV en cas d'herpès génital car les lésions herpétiques augmentent le risque de contamination par le VIH. Faire aussi un dépistage d' IST (syphilis, hépatite B...)

Liens utiles